LES FIBRES TEXTILES

LES MATIÈRES VÉGÉTALES

Les matières végétales sont issues des ressources naturelles et non transformées. Elles sont toutes biodégradables.

À ÉVITER :

Le coton conventionnel

Coton conventionnel

La production du coton est l’une des plus polluantes au monde, utilisant énormément de pesticides et insecticides (1/4 de la consommation mondiale). L'irrigation du coton est aussi problématique : jusqu’à 29 000 litres d’eau sont utilisés pour produire 1 kg de coton. Le blanchiment du coton, lui, nécessite l’utilisation de chlore et de métaux lourds.
La production intensive pollue lourdement les sols et les cours d’eau, et intoxique les travailleurs : on estime à plus d’un million le nombre de personnes intoxiquées et à 20 000 le nombre de morts par an dans la culture du coton.

À PRIVILÉGIER :

Le coton bio

Coton bio

La culture biologique du coton est beaucoup moins énergivore que le coton conventionnel elle nécessite beaucoup moins d’eau et pas d’utilisation de produits chimiques. Ni engrais chimique, ni pesticide, ni semences génétiquement modifiées ne sont autorisées. Elle est également souvent associée à un commerce plus équitable que l’industrie du coton conventionnel.

Le lin

Lin

Cultivé en France (leader mondial à 75%) et en Europe, le lin est une fibre très écologique : sa culture demande très peu d’engrais et n’a pas besoin d’irrigation du fait de ses très longues racines, et elle nécessite 5 fois moins de pesticides que le coton. Sa transformation en fibre quant à elle est un procédé mécanique, c’est-à-dire sans eau ni solvant, et ne produit pas de déchets car tout est réutilisé. C’est aussi une matière durable, thermorégulatrice, anallergique, absorbante et résistante.

Le jute

Jute

La fibre de jute, également appelé le Jute, est la deuxième matière la plus produite derrière le coton. Elle est obtenue à partir de l’écorce de jute et elle est produite essentiellement en Inde et au Bangladesh. Sa culture ne nécessite ni pesticides, et sa fabrication est exempt de produits toxiques. Totalement biodégradable et recyclable, la fibre de jute est respectueuse de l’environnement. Le jute ne produit pas de gaz toxique lorsqu’il est brûlé. Elle est appréciée pour sa solidité et son aspect rustique.

Le chanvre

Chanvre

La France est son premier pays producteur en Europe. Le chanvre est une plante à croissance rapide, sa culture nécessite très peu d’eau (10 fois moins que le coton) et offre un rendement intéressant. Naturellement antibactérien et antifongique le chanvre n’a pas besoin ni d’herbicides ni de pesticides. Enfin, sa culture réduit l’effet de serre. En effet, 1 hectare de chanvre fixe 5 fois plus de dioxyde de carbone que la même surface de forêt équatoriale. C’est aussi une matière durable, thermorégulatrice, anallergique, absorbante et résistante.
Pour finir, la fibre de chanvre est la plus résistante et la moins polluante.

Le liège

Liège

Le liège est une matière issue du chêne-liège, qui pousse notamment au Portugal. L’arbre chêne-liège est un puits de carbone d’autant plus efficace car il capte deux fois plus de CO2 que n’importe quel autre arbre. Une fois adulte, le chêne-liège est le centre de la vie dans la forêt : il sert de refuge à une grande variété d’animaux, conserve l’humidité du sol et les racines jouent un rôle contre l’érosion. C’est une matière très écologique, elle ne nécessite pas d’abattre l’arbre, sa colle est naturelle, car issue de l’écorce, et sa production est zéro déchet car les chutes de liège sont revalorisées dans la fabrication des bouchons, des granulés, de l’isolation...etc. Un chêne-liège vit en moyenne 170 ans, et son écorce est prélevée tous les 9 à 10 ans. Enfin, la matière textile du liège est très résistante et durable, mais aussi déperlante : l’eau ne s’infiltre pas.

La fibre d’algue

Algues

Le SeaCell ™ est fabriqué à partir d’algues et de cellulose selon le même procédé que le Lyocell. Les algues séchées sont grossièrement broyées et uniformément introduites dans la fibre de cellulose, à partir de laquelle les textiles sont ensuite fabriqués pour une grande variété d'applications.
Cette matière a l’avantage de ne pas se froisser, d’être très douce, et de favoriser l’évacuation de l’humidité. Elle est très adaptée aux textiles de sports et de loisirs, aux sous-vêtements et aux vêtements d'intérieur.

La fibre de coco

Coco

Entièrement exploitable, le cocotier est utilisé par l’homme depuis toujours. Ses fibres les plus fines sont extraites des coques rejetées après extraction de la pulpe. Celles-ci sont filées et mélangées à du coton. La fibre de coco est biodégradable, elle se démarque également par sa légèreté et ses facultés déodorante et antibactérienne.

La fibre de lotus

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Elle est contenue dans la tige des fleurs de lotus, le toucher de son tissu est comparable à celui du lin. Le lac Inlé en Birmanie dont elle est originaire, demeure aussi le dernier endroit où l’on sait filer cette fibre. Cette rareté en fait un tissu exclusif et très luxueux.

Le coton recyclé

Le coton recyclé n’est pas idéal, mais il a le mérite de ne pas nécessiter la création d’une nouvelle matière et économise ainsi les ressources naturelles.

LES MATIÈRES SYNTHÉTIQUES

Les matières synthétiques sont produites quasiment exclusivement à partir du pétrole ou plus récemment d’amidon. Ces matières ont un procédé de fabrication complexe, et ne se recyclent pas facilement. Résultantes des procédés chimiques et des importants agents utilisés pour leur fabrication qui sont recrachés dans l’air, ces matières sont très polluantes et présumées d’être nocives pour la santé (allergies, atteinte des voies respiratoires, produits cancérigènes, etc.). Se rajoute à tout ça, de grandes quantités de microfibres synthétiques sont évacuées vers les milieux aquatiques à chaque lavage en machine, avec des conséquences désastreuses pour les milieux aquatiques. Les stations d'épuration ne sont pas capables de filtrer ces microfibres dans l'eau.
Elles sont de ce fait polluantes tant dans leur création que pendant leur vie.

À ÉVITER :

Polyester (PET)

C’est la fibre synthétique la plus utilisée : elle représente 70 % des fibres synthétiques. Elle est constituée de “polymères” assemblés par un procédé chimique synthétique appelé “polymérisation” et rejette de petites particules de plastique au lavage. Seul avantage, les vêtements 100 % polyester sont recyclables.

Polyamide ou nylon

Le polyamide ou plus communément appelé nylon est notamment utilisé pour les matières élastiques telles que les collants, les bas et les maillots de bain. Sa méthode de fabrication propage du formaldéhyde ainsi que des gaz à effet de serre. Cette fibre nécessite de nombreuses étapes chimiques et l’utilisation de composants irritants et toxiques, avant d’être en dernier lieu fondue et filée.

L’acrylique et polyacrylique

L’acrylique représente seulement 3,5 % des vêtements en synthétiques produits chaque année. Elle est fabriquée à partir de nombreux produits chimiques : propylène, ammoniaque, cyanure d’hydrogène, etc. Ce dernier est un gaz extrêmement toxique pour l’être humain. A noter que l’acrylique nécessite 30 % d’énergie supplémentaire par rapport au polyester. Fragile, cette matière n’est ni durable ni recyclable.

L'élasthanne (Spandex, fibre k, Lycra)

L'élasthanne est conçu à partir de polyuréthane et comporte des PFC. Les PFC sont des composants perfluorés utilisés pour leurs propriétés imperméabilisantes, par exemple pour les vêtements de sport ou technique. Sauf que les PFC sont réputés pour être des perturbateurs endocriniens et soupçonnés d’être cancérigènes.
Les PFC sont volatiles et se retrouvent partout dans l’environnement.

Le PU (ou polyuréthane)

Le polyuréthane est un dérivé du plastique. Il est employé dans l'élasthanne ou dans le similicuir.
Au cours de l’élaboration de la fibre (filage à sec), le polymère est dissout dans un produit chimique appelé diméthylacétamide. Il est possible que des résidus de ce solvant demeure dans la fibre et se retrouve dans les eaux usées lors du lavage en machine. Ces produits chimiques sont nocifs pour l'environnement, pour la santé des travailleurs, mais également pour celle des consommateurs.

PFC et PTFE

Attention également au Gore-Tex, composé de polytétrafluoroéthylène et aux composés perfluorés (PFC) utilisés dans les vêtements de sports et imperméables, car ils sont jugés toxiques (perturbateur endocrinien et cancérigène).

À PRIVILÉGIER :

La fibre synthétique recyclée

Le PET recyclé, le plastique au symbole 1, est une alternative à favoriser, elle utilise de la matière déjà existante, donc réduit les déchets, et son processus de fabrication est bien moins polluant. Par contre, cela ne résout en rien le problème de pollution de cette fibre : elle continuera à rejeter des microbilles de plastique dans l’eau.
Le nylon recyclé, lui aussi, permet de refabriquer des collants plus résistants et durables.

L’occasion

Pencher pour de l’achat de vêtements en polyester d’occasion plutôt que neuf, afin de ne pas recréer de matière. L’idéal est même de réserver les matières synthétiques aux pièces et accessoires qui seront peu lavés (chaussures, sacs, vestes).

Utiliser un sac de lavage guppyfriend

Si l’idéal est d’éviter le polyester, en transition, il est possible utiliser un sac de lavage qui retient les microparticules de plastique afin qu’elles ne finissent pas dans les océans. Après passage en machine il suffit de nettoyer et d’éliminer correctement les particules en les jetant à la poubelle ou à la décharge.

LES MATIÈRES ARTIFICIELLES

Les fibres artificielles proviennent de ressources naturelles : la cellulose des végétaux. Elles sont ensuite transformées par des processus chimiques. Cependant, certaines ont besoin de beaucoup d’eau pour être transformées, ou de solvants qui sont rejetés ensuite dans la nature.

À ÉVITER :

La viscose ou bambou

La viscose est une fibre artificielle fabriquée à partir de cellulose regénérée que l’on retrouve dans les végétaux (bambou, coton).
Le procédé de fabrication de la viscose rend cette matière très peu écologique. En effet, la pulpe de bois est dissoute grâce à de la soude caustique, puis mélangée à du disulfure de carbone pour enfin être refroidie dans un bain de sulfates et d’acide sulfurique. Très toxique, ce processus génère une pollution importante tant pour les travailleurs de la matière que pour la nature dans laquelle sont rejetés les solvants, non-recyclables. Enfin, ce processus est très gourmand en eau.

À SURVEILLER :

Piñatex®

Ananas

Le Piñatex® est un cuir végétal alternatif au PVC. C’est une matière textile produite à base de fibres de feuilles d’ananas non tissées. Le Piñatex® est mélangé à des fibres d’acide polylactique (PLA). Le PLA est un polymère thermoplastique synthétisé à partir d'une source renouvelable. Une fois que les feuilles ont été débarrassées de leurs fibres, la biomasse restante peut être utilisée comme engrais naturel riche en nutriments ou comme biocarburant, afin que rien ne soit gaspillé et qu’aucun déchet ne soit produit.
Néanmoins il est cultivé essentiellement en Thaïlande et aux Philippines, de plus pour transformer l’ananas en fibre, qui reste opaque, il subit un traitement industriel. Le produit fini n’est pas biodégradable et la résine utilisée, notamment, est pour le moment issue du pétrole. Le Piñatex® est donc une alternative possible au cuir avec un bel impact social et représente une éco-innovation intéressante qui reste à améliorer.

Peau de pomme

Pomme

L’apple skin est une matière réalisée partir de déchets de pommes. Ces déchets proviennent de l'industrie de transformation de produits à base de pomme (jus, cidres, compotes, etc.). Les déchets de pommes sont broyés, séchés puis transformés en poudre et enfin mixés avec du polyuréthane (matière synthétique polluante) : la matière finale comporte alors que 20 % de déchets de pomme.

À PRIVILÉGIER :

Tencel/lyocell

Pulpe de bois

Le lyocell est la version écologique de la viscose et de la soie. C’est une fibre 100% cellulosique et biodégradable. Produit à partir de pulpe de bois (feuillus, eucalyptus, bambou) plus respectueuse de l’environnement pour plusieurs raisons.
La pulpe est dissoute dans un solvant organique non-toxique et recyclable. Le solvant est récupéré à plus de 97 % dans un bac de rinçage, pour être réutilisé.
Enfin, le lyocell est issu de forêts gérées durablement en Europe. Son rendement est bien meilleur que le coton, et sa fabrication nécessite 5 fois moins de litres d’eau.
Suivant ce procédé, il existe également le Modal ®, issu du bois de hêtre, et le Cupro ®, issu des résidus de coton.

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